I - Contexte de la future association
À ce jour, 22 pays sont associés au programme « Horizon Europe ». L'Australie pourrait bientôt devenir le 23e pays associé, aux côtés du Japon et de l'Inde.
Le 31 mars 2026, à la suite de la visite du président de la Commission européenne en Australie le 24 mars, les négociations entre l’Union européenne et l’Australie ont été officiellement lancées. Cette association ne portera que sur le pilier II, consacré aux défis mondiaux et à la compétitivité industrielle européenne, comme c'est déjà le cas pour la Corée du Sud, le Canada et la Nouvelle-Zélande. Cette approche permet à l'UE d'ouvrir plus facilement l'association à « Horizon Europe » par le biais d'une adhésion partielle, tout en permettant aux pays associés de réduire le coût de leur participation.
La Commission se montre ambitieuse et espère conclure les négociations d’ici l’été 2026, afin que l’accord puisse entrer en vigueur dès le 1er janvier 2027. Cette initiative fait suite à la conclusion des négociations d’un accord de libre-échange, qui avaient également été engagées avec l’Australie.
L'Australie a déjà conclu avec l'Union européenne un accord de coopération scientifique et technologique qui remonte à 1994. Une association avec « Horizon Europe » constituerait la forme la plus étroite de coopération scientifique et technologique internationale possible entre l'UE et un pays tiers.
II - Les arguments en faveur d'une telle association
Selon la Commission européenne, l’Australie participe déjà à plus de 200 projets dans le cadre d’Horizon Europe, avec des chercheurs et des organisations qui contribuent activement à des efforts de collaboration dans un large éventail de domaines. Il s’agit déjà d’un partenariat qui fonctionne bien : selon le gouvernement australien, plus de 60% de la recherche scientifique australienne est menée en collaboration avec un partenaire international. Les États membres de l’UE constituent collectivement le premier partenaire scientifique de l’Australie depuis plus de trois décennies, avec près de 17 000 co-publications pour la seule année 2024.
Les chercheurs de toute l'Australie cherchent activement à s'associer au programme « Horizon Europe ». Le Groupe des Huit (Go8) — une coalition regroupant les huit universités australiennes les plus prestigieuses et les plus axées sur la recherche, reconnues mondialement pour leur excellence dans les domaines des sciences de la santé, de la médecine, des sciences physiques, de la défense, de l’espace et de l’intelligence artificielle — a publié un rapport intitulé « Pivotal : Australia’s Horizon Europe Opportunity ». Ce rapport illustre clairement l’enthousiasme de la communauté scientifique à l’idée de rejoindre le programme. Les chercheurs souhaitent partager leurs innovations, accéder à un nouveau marché et, surtout, bénéficier d’une plateforme de recherche collaborative sans équivalent au monde. Ils soulignent également l’ambition plus large de l’UE d’ouvrir le programme à la région Asie-Pacifique, qui représente 60% de la population mondiale.
Selon le site Internet d'Horizon Europe France, les collaborations mises en place dans le cadre d'Horizon Europe pourraient porter sur des priorités stratégiques communes telles que les matières premières essentielles, la santé et le climat.
Les négociations venant tout juste de débuter, aucun chiffre précis concernant la contribution financière de l'Australie au programme n'a encore été rendu public. Il a néanmoins déjà été établi que cette contribution serait calculée sur la base du PIB australien.
