En juin 2026, 4 nouveaux appels d’offres ont été lancés par HERA (Health Emergency preparedness, and Response Authority) en étroite collaboration avec HaDEA (Health and Digital Executive Agency) avec une date de remise des lettres d’intention fixées au 2 septembre 2026.
Tous entrent dans la stratégie de l’Union européenne visant à améliorer la préparation de l’Union Européenne face aux urgences sanitaires. C’est notamment l’objectif du programme européen de santé EU4Health qui, suite à la crise du COVID-19 s’attaque à la résilience des systèmes de santé européens et permet aujourd’hui de lancer ces 4 appels. L’un des objectifs principaux est d'améliorer la disponibilité, l'accessibilité, à la fois financière et en quantité, des médicaments et des dispositifs médicaux et produits liés aux crises.
Le premier appel, se clôturant le 2 septembre, a été lancé pour accélérer les thérapies de nouvelle génération contre les maladies infectieuses. Il s’agit d’un contrat-cadre d'approvisionnement multiple pour accélérer le développement et l'accès à des contre-mesures médicales innovantes. La particularité de cet appel est l’approche “pre-commercial procurement” (PCP) (approche de développement compétitif en phases) par laquelle les candidats sont mis en concurrence pendant plusieurs étapes.
Sera donc réalisé un développement compétitif en phases, avec plusieurs contractants en compétition, réduits progressivement à chaque phase, avec un résultat attendu de 5 contrats-cadres au total (3 pour le Lot 1 et 2 pour le Lot 2). Lors de la première phase, le premier contrat spécifique est attribué directement selon le classement de l'offre initiale. Ensuite, les phases suivantes font l'objet d'une réouverture de la mise en concurrence, réservée aux seuls contractants ayant rempli de manière positive la phase précédente.
La portée de l'appel devrait couvrir le développement de thérapies innovantes pour traiter les infections virales, le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) ou la septicémie résultant d’infections. L’idée derrière cette approche n’est pas d’acheter un produit mais d’acquérir des services de recherche et développement fondés sur une mise en concurrence progressive des solutions au travers de différentes phases de développement, un partage des risques et des bénéfices entre les parties dans des conditions de marché, et ayant pour objectif de stimuler l'innovation, la croissance économique et la création d’emplois.
La procédure pour cet appel d’offres est une procédure compétitive en deux étapes. La première consiste à évaluer les demandes de participation et, lors de la seconde étape, les candidats retenus soumettent cette fois une offre complète.
L’appel est divisé en deux lots. Le premier lot vise les thérapies très innovantes et le deuxième lot les thérapies avancées.
- Le premier lot se déroule en 3 phases et requiert un niveau de maturité technologique de 3 au dépôt de la candidature. Ce lot 1 porte sur des traitements ciblant des agents pathogènes et évolutifs, des thérapies combinées innovantes et des traitements conçus pour être administrés par des voies alternatives à l'injection intraveineuse. Il couvre donc des technologies ARN, les peptides innovants, les protéines, les immunoglobulines innovantes. Il exclut explicitement les petites molécules et les anticorps monoclonaux.
- Le second lot se déroule en 2 phases et requiert un niveau de maturité technologique (TRL) de 6 au dépôt de la candidature. Ce lot 2 porte sur des traitements ciblés adaptables, des thérapies combinées innovantes et des traitements conçus pour être administrés par des voies alternatives à l'injection intraveineuse. Il cible l'hôte avec les mêmes technologies que le lot 1, plus les petites molécules et les anticorps monoclonaux.
Les deux lots ont pour objectif commun d’atteindre un TRL de 8 à la fin de la dernière phase.
Trois phases composent le lot 1 tandis que le lot 2 se compose uniquement des phases 2 et 3. La première phase est une phase “Solution Optimisation” et dure 36 mois et couvre le stade préclinique avancé jusqu'à la fin des essais cliniques de Phase I. La seconde phase est une phase de “Advances development” elle dure 30 mois et s’étend jusqu'à la fin des essais cliniques de Phase II. La dernière “Pre-market development” dure 36 mois et concerne les essais cliniques Phase III et la préparation et la soumission du dossier d'autorisation de mise sur le marché.
Le budget total estimé s'élève à 100 millions d'euros pour le Lot 1 et 92 millions d'euros pour le Lot 2, chaque contrat-cadre étant plafonné respectivement à environ 138 millions d'euros et 114 millions d'euros.
Les candidats doivent remplir trois critères de sélection relatifs à leur capacité technique et professionnelle. Ils doivent avoir réalisé au moins un projet de R&D en thérapies infectieuses (ou sepsis/SDRA) dans les 10 dernières années, au moins un projet démontrant la gestion du cycle de vie scientifique d'un médicament (activités qualité, cliniques et non-cliniques) dans les 10 dernières années et une équipe-noyau minimale avec des profils précis.
Cet appel, se clôturant le 2 septembre et disposant d’un budget de 16M d’euros, a pour objectif d'établir, de piloter et de maintenir une réserve de vaccins candidats ciblant les filovirus pathogènes pour l'homme pour lesquels aucun vaccin autorisé n'est actuellement disponible (virus de Marburg (MARV), virus du Soudan (SUDV), virus Bundibugyo (BDBV)). En cas d'épidémie, les vaccins pourraient être utilisés pour faire progresser leur développement en les intégrant dans des essais cliniques associés à l'épidémie. Ces dispositions permettraient le déploiement rapide des vaccins candidats pour leur développement à un stade ultérieur.
Cet appel s’inscrit dans une volonté de synergie avec la réponse mondiale et européenne à la récente épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo avec notamment la réponse de l’OMS et les initiatives lancées par CEPI (the Coalition for Epidemic Preparedness Innovations)
En parallèle d'autres appels ont été lancés par la DG R&D notamment un appel relatif aux Flavivirius (HORIZON-HLTH-2027-01-DISEASE-06). Il vise, lui, à financer le développement préclinique et clinique d'anticorps monoclonaux innovants contre un des flavivirus prioritaires pour renforcer la préparation de l'UE face aux futures crises sanitaires.
L’appel se structure en trois étapes. La première étape “Preparedness and Readiness Development” vise la mise en place de la préparation aux essais cliniques et la fabrication de la réserve. La deuxième étape “Sustained Readiness and Capacity Maintenance” concernera le maintien de la réserve et des capacités opérationnelles. Enfin, la troisième étape, « Outbreak Activation and Clinical Response », correspond à l’activation du dispositif et au lancement des essais cliniques de réponse lorsqu’une épidémie éligible est déclarée.
Pour candidater, le produit doit cumulativement :
- cibler Marburg et/ou Ebola Sudan et/ou Ebola Bundibugyo,
- être un produit médicamenteux expérimental (IMP), sans autorisation de mise sur le marché,
- être approprié pour un déploiement en contexte d'épidémie (y compris « ring vaccination »),
- avoir achevé les évaluations non-cliniques nécessaires et
- avoir initié ou terminé au moins un essai clinique de Phase I.
- disposer d’au moins un projet de fabrication ou de gestion d'IMP dans un contexte clinique ou d’urgence et d’au moins un projet de logistique ou déploiement de contre-mesures médicales (chaîne du froid, transport international).
Face à la dépendance de l’Union européenne aux producteurs non européens en ce qui concerne les produits essentiels en cas de crise sanitaire, cet appel a été lancé. Cet appel s'inscrit dans la continuité du dispositif EU FAB, qui réservait déjà de la capacité de fabrication pour les vaccins en cas de crise sanitaire. Cette fois, le modèle est étendu à d'autres contre-mesures médicales (MCM), à savoir les gants d'examen en nitrile et les masques respiratoires FFP2
Cet appel se clôturant le 15 octobre et disposant d’un budget indicatif de 34M d’euros, vise à améliorer l'accessibilité et la disponibilité des contre-mesures médicales dans l’UE/EEE. En l’occurrence, le but de cet appel est d'attribuer des contrats pour la réservation de la capacité de fabrication et des stocks gérés par le fournisseur de gants d'examen en nitrile (lot 1) et de masques respiratoires FFP2 (lot 2).
Le contractant devra disposer d'une capacité de fabrication au sein de l’UE/EEE. Il devra également constituer un stock géré par le fournisseur ("vendor managed inventory") des produits concernés. À ce stock, sera associé un droit d'achat prioritaire, que l'autorité contractante pourra activer en cas de besoin de préparation ou de crise. Une fois un achat réalisé, le stock devra être soit réapprovisionné, soit compensé par une réserve équivalente de capacité de fabrication pour le reste de la durée du contrat.
Chaque lot sera attribué à un maximum de 3 soumissionnaires pour une durée de 3 ans par contrat.
Afin de fabriquer un médicament, deux éléments sont nécessaires : un principe actif, c’est-à-dire la molécule qui va agir dans le corps humain, et sa forme pharmaceutique, c’est-à-dire une gélule, un comprimé ou encore un sirop. La stratégie actuelle de HERA consistant à conserver des produits finis a des limites : les principes actifs ayant une durée de vie limitée (18 à 60 mois), il y a des risques de dépendances à des prévisions parfaites et des risques de gaspillage financier et environnemental des produits jamais utilisés qui arrivent à péremption.
Stocker des API (principe actif brut) plutôt que le produit fini permettrait une durée de conservation bien plus longue et plus de flexibilité. Cependant, le délai de transformation classique prend habituellement 3 à 6 mois, ce qui serait trop lent pour répondre à une urgence. La solution proposée serait de combiner un système de stockage optimisé des API (température, humidité, gaz inerte) avec des technologies de fabrication continue (Continuous Manufacturing), de Process Analytical Technology (PAT) et de Real Time Release Testing (RTRT) pour réduire ce délai à quelques jours.
C’est pourquoi l’Union européenne lance aujourd’hui, avec un budget de 6M d’euros, cet appel se clôturant le 29 septembre, afin de financer un projet pilote de faisabilité pour le stockage longue durée de principes actifs pharmaceutiques (API) couplé à une fabrication rapide de formes pharmaceutiques finies, en réponse aux urgences sanitaires.
Les candidats doivent disposer d’un chiffre d’affaires moyen ≥ 3 000 000 € sur 2 ans, d’au moins 1 projet similaire en fabrication pharmaceutique ou en développement de nouveaux produits, d’installations (labo analytique, R&D, fabrication) disponibles dans l’UE et enfin d’une équipe opérationelle et expérimentée (chef de projet (5 ans), 2 spécialistes développement de procédé (3 ans), spécialiste PAT/stratégie de contrôle (3 ans), 2 analystes (5 ans), spécialiste réglementaire/qualité (3 ans)).
Il est attendu à la fin de ces 36 mois, un dossier de décision complet pour HERA et la Commission, combinant des preuves scientifiques, une analyse économique et des recommandations opérationnelles, leur permettant de décider si et comment ce modèle de stockpiling pourrait être déployé à l'échelle européenne dans un second temps.
Auteurs : Camille Maisse et Landry Cochard
À l'issue de l'appel à projets « EIC Pathfinder Open », qui s'est clôturé le 12 mai 2026, les appels à projets « EIC Pathfinder Challenges » sont désormais lancés, avec un budget total indicatif de 96 millions d'euros.
Trois défis ont été publiés le 22 juillet et les candidatures peuvent être déposées jusqu'au 28 octobre 2026.
Cet appel à projets a pour objectif de soutenir le développement d'une nouvelle génération de systèmes autonomes sur le plan énergétique, permettant la mise en place de services innovants destinés à améliorer la qualité de vie des citoyens européens grâce à des applications dans des domaines tels que les outils de diagnostic pour les patients et les villes durables et intelligentes.
L'EIC financera des projets de recherche très ambitieux visant à développer de nouveaux matériaux permettant à de petits appareils connectés (capteurs, appareils portables, dispositifs médicaux, etc.) de capter l'énergie de leur environnement et de fonctionner de manière autonome. L'objectif est de parvenir à une validation de principe en laboratoire (TRL 4), tout en identifiant dès le départ les marchés potentiels (idéalement avec des lettres de soutien de clients potentiels déjà en main).
Ces avancées devraient contribuer à la durabilité tant au niveau de la consommation que de la production d'énergie, conformément aux ambitions de RePowerEU et du Pacte vert pour l'Europe. De plus, ce projet permettra d'améliorer la durabilité globale de l'Internet des objets (IoT) et des systèmes autonomes sur le plan énergétique en général.
L'EIC financera des propositions ambitieuses qui devraient aboutir aux résultats suivants :
Les candidats à ce défi devront élaborer une démonstration de faisabilité dans l'un des trois domaines suivants :
Les biomarqueurs sont des caractéristiques biologiques, qui peuvent être moléculaires, anatomiques, physiologiques ou biochimiques. Ces caractéristiques peuvent être mesurées et évaluées de manière objective. LesIls servent d'indicateurs d'un processus biologique normal ou pathogène. Ils permettent d'évaluer la réponse pharmacologique à une intervention thérapeutique. Un biomarqueur reflète une caractéristique physique spécifique ou un changement mesurable d'origine biologique dans l'organisme.dy lié à une maladie ou à un état de santé particulier. Un biomarqueur peut servir à évaluer ou à détecter une maladie spécifique le plus tôt possible (biomarqueur diagnostique), le risque de développer une maladie (biomarqueur de susceptibilité/de risque), l'évolution de une maladie (biomarqueur pronostique) – mais il peut également permettre de prédire la réponse à un traitement donné, y compris sa toxicité potentielle (biomarqueur prédictif)
Les nouvelles méthodologies d'approche (NAM) constituent des alternatives potentielles à l'expérimentation animale lors de la phase de développement préclinique de nouveaux médicaments. Elles peuvent inclure des organoïdes humains ou microphysiologique systèmes (par exemple, « organe sur puce », « maladie sur puce »), dans chimico méthodes, jumeaux numériques, simulations de patients virtuels, modèles prédictifs optimisés par l'IA, plateformes in silico mécanistiques ou intégrées, modèle 3D avancé de tissu humain.
Inspiré par la capacité du cerveau humain à traiter l’information à plusieurs niveaux d’abstraction — ce qui permet la perception, le raisonnement et la planification orientée vers un objectif —, cet appel à projets a pour objectif d’aller au-delà de l’état de l’art actuel des approches traditionnelles en IA, qu’elles soient symboliques (par exemple, règles, arbres de décision, régression symbolique, etc.) ou connexionnistes et neuronales (par exemple, apprentissage profond, grands modèles linguistiques, apprentissage par renforcement). L’objectif est d’améliorer de manière significative les capacités de raisonnement, d’abstraction et de planification (RAP) des systèmes d’IA.
Les propositions doivent porter sur une ou plusieurs des capacités cognitives suivantes :
Auteur : Camille MAISSE
Séminaire organisé par l'EARTO, avec la participation de Davide Lombardo, expert senior et ancien chef adjoint du groupe de travail STEP à la Commission européenne, et de Maud Noyon, chef de secteur au sein de l'unité “ Compétitivité, instruments financiers et STEP ” de la Commission européenne.
Ce webinaire, qui s'est tenu le 25 juin 2026, avait pour objectif de faire le point sur l'avancement des travaux, d'apporter une aide pratique et de préparer l'avenir des financements européens. Des représentants de la Commission européenne se sont succédé à la tribune pour présenter le programme STEP (Plateforme « Technologies stratégiques pour l'Europe » ) dans son intégralité.
STEP est une initiative européenne lancée en 2024 qui répond à la volonté de l'Union européenne de renforcer sa compétitivité face aux autres puissances mondiales — une ambition notamment réaffirmée dans les rapports Draghi et Letta. Elle vise à stimuler les investissements dans l'innovation et la compétitivité.
STEP n’est toutefois pas un nouveau fonds, puisqu’il regroupe et réoriente les ressources financières provenant de 11 programmes européens existants, dont 5 sont gérés directement par la Commission (Horizon Europe, EU4Health, le Fonds pour l’innovation, etc.) et 6 autres gérés indirectement, dont les ressources sont allouées par les États membres. En effet, les États membres et la Commission européenne réorientent les ressources disponibles au titre de ces 11 programmes vers des priorités stratégiques communes.
À ce jour, cela a permis de mobiliser au total plus de 29 milliards d’euros, répartis de manière presque égale entre environ 15 milliards d’euros en gestion directe et 15 milliards d’euros en gestion partagée avec les États (réaffectation des fonds de cohésion vers ces technologies stratégiques par 20 États membres). Toutefois, à ce jour, seuls 4 milliards d’euros ont effectivement été engagés dans le cadre d’appels à projets locaux. Il reste donc un budget considérable d’environ 11 milliards d’euros encore disponible.
Pour entrer dans le champ d’application de la plateforme, un projet doit soit viser à réduire les dépendances stratégiques de l’Union européenne, soit remédier aux pénuries de main-d’œuvre ou de compétences, soit développer ou fabriquer des technologies de pointe dans l’un des quatre secteurs définis : les technologies numériques et les technologies de pointe (« deep tech »), les technologies propres et économes en ressources, les biotechnologies et — ajouté plus récemment — la défense.
En vertu du règlement STEP, pour être éligible, chaque projet doit remplir trois conditions cumulatives : le type d'investissement, le secteur d'activité et la contribution stratégique. Chacune de ces conditions est soumise à des critères bien définis, détaillés dans le règlement STEP.
Pour se déployer à l'échelle européenne, STEP s'appuie sur trois outils :
Le label STEP est attribué lors de l'évaluation des projets. À ce jour, 729 labels ont été attribués : 374 pour les technologies propres, 254 pour le numérique et 101 pour les biotechnologies. Ils permettent aux projets d'utiliser ce label comme tremplin pour accéder à d'autres financements publics ou privés, tels que les fonds du FEDER ou du FSE+.
En effet, le label STEP offre une plus grande visibilité, car les projets qui en bénéficient sont publiés sur le tableau de bord dédié depuis le portail STEP. Pour certains projets, ce label vise également à faciliter les relations avec les investisseurs privés.
Toutefois, l'attribution du label STEP présente certaines limites. Des obstacles sont en effet observés, notamment en matière d’aides d’État, car il est difficile pour les États membres de financer ces projets sans se heurter aux règles européennes de concurrence. Contrairement à l’ancien “ label d’excellence ”, le label STEP n’a pas pu bénéficier d’un traitement particulier ni d’une dérogation spécifique aux règles très strictes régissant les “ aides d’État ” en Europe. Pour pallier cette limitation, la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne propose un compromis : privilégier les aides d’État accordées à l’avance (ex ante) pour des projets impliquant collectivement plusieurs pays européens. Si une innovation est mise en œuvre simultanément par plusieurs États membres, le risque qu’un seul État riche s’accapare tous les bénéfices est considérablement réduit.
Un autre problème rencontré est le manque de financement au titre des plans de relance (RRF). La réglementation stipulait que les projets titulaires du label STEP devaient être considérés comme prioritaires par les États membres lors de l'attribution des fonds provenant de la Facilité pour la reprise et la résilience (RRF). Dans la pratique, cependant, aucun État membre n'a encore utilisé ces fonds spécifiques pour soutenir un projet labellisé STEP.
Dans le cadre du nouveau cadre financier pluriannuel (2028-2034), actuellement en cours d'élaboration, la Commission a proposé la création d'un Fonds européen pour la compétitivité, doté d'un budget colossal de 451 milliards d'euros. Le programme STEP prenant fin à l'issue de la période budgétaire actuelle (2027), il devrait être intégré au Fonds européen pour la compétitivité.
En ce qui concerne le label de compétitivité, la Commission souhaite regrouper les différents labels existants (label STEP, label d'excellence, etc.) sous une seule et même bannière : le label de compétitivité.Cela permettra de favoriser des synergies plus fortes entre les différents budgets et d’offrir un label unique reconnu tant par les fonds publics que par les investisseurs privés. Il convient toutefois de noter que les labels obtenus avant la fin du programme resteront valables pendant encore 3 à 4 ans après 2027 pour les demandes de financement au titre des fonds de cohésion régionaux, car ceux-ci ont un calendrier de mise en œuvre plus long.
Aujourd’hui, le programme STEP s’appuie sur 11 programmes distincts, chacun doté de ses propres règles. Dans le cadre du prochain cadre financier, ceux-ci seront régis par un ensemble unique de règles (“ One Rulebook ”), dans le but de rationaliser ce soutien grâce à des règles communes et simplifiées pour tous les candidats à un projet, rendant ainsi le système plus clair et plus efficace.
Le portail web STEP actuel constitue une première tentative de centralisation des appels d'offres gérés directement par l'UE ainsi que de ceux gérés par les régions. Pour le prochain cadre financier, la Commission souhaite aller bien plus loin en créant un “ portail unique ”, qui centralisera les informations et l'accès à l'ensemble des financements de l'Union européenne.
(Note de l’auteur : le portail “ Financements et appels d’offres ” est déjà censé centraliser toutes les opportunités. Nous espérons qu’il servira de point de départ pour le « portail unique ».)
Une réforme des fonds de cohésion gérés par les États aura également lieu dans le cadre du prochain cadre financier. Cette volonté de simplification s'appliquera également aux fonds gérés par les États membres, c'est-à-dire en gestion partagée. Les nombreux fonds régionaux et nationaux existants devraient être regroupés au sein de grands “ plans nationaux ” (NRPP). Les États membres seront alors tenus — en s'inspirant de ce qui a été initié avec le programme STEP — d'intégrer dans ces plans des objectifs stratégiques forts en matière de compétitivité et d'innovation.
Pour plus d'informations sur ce webinaire, rendez-vous sur La publication de Camille sur LinkedIn.
Auteurs : Camille MAISSE, Landry COCHARD
Auteur : Camille Maisse
Le mardi 2 juin, dans le cadre de mon stage à S&I Finances, j'ai participé au webinaire organisé par EARTO (Association européenne des organismes de recherche et de technologie) et co-organisé par Cefic, CESAER, DIGITALEUROPE, ERRIN, Association des universités européennes et Orgalim, au cours de laquelle Pauline Rouch, directrice à la DG Recherche et Innovation, Commission européenne, a présenté les grandes lignes de la proposition de la Commission relative au 10e programme-cadre pour la recherche et l'innovation, ainsi que son articulation avec le Fonds européen pour la compétitivité (FEC).
En m'inspirant de la structure de sa présentation, je vous propose ci-dessous un résumé articulé autour de ses trois axes principaux :
???? Gouvernance — le lien entre le 10e programme-cadre et le Fonds européen pour la croissance (ECF), afin d'assurer une transition fluide entre l'innovation et l'investissement
???? Partenariats européens — moins de partenariats, des champs d'action plus larges et un nouveau modèle tripartite qui s'impose désormais comme la norme
???? Simplification — changements concrets pour les bénéficiaires : versement forfaitaire par défaut, délai d'octroi raccourci, taux de financement pouvant atteindre 100%
???? Dans le même ordre d'idées, la Commission européenne vient de lancer un appel à contributions sur l'avenir des partenariats européens (entreprises communes au titre du 10e programme-cadre) — ouvert jusqu'au 14 juillet 2026. Si ce sujet concerne votre organisation, c'est le moment de faire entendre votre voix : https://lnkd.in/eFz9JnWZ
Un programme qui fait encore l'objet de négociations, mais dont les orientations laissent déjà entrevoir un tournant majeur pour la recherche et l'innovation européennes.
Pour plus d'informations sur le webinaire, rendez-vous sur le Publication sur LinkedIn par Camille
Compte tenu de l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo et l’Ouganda, l’Union européenne a lancé un nouvel appel d’offres intitulé “ Préparation aux essais cliniques en cas d’épidémies de filovirus par la mise en place d’une réserve pilote de vaccins ”. Cet appel d'offres a pour objectif de mettre en place des stratégies de préparation visant à prévenir les épidémies causées par des virus émergents sur le territoire européen grâce à la constitution de réserves de vaccins. Ainsi, si des cas devaient apparaître sur le territoire européen, la réserve de vaccins pourrait être rapidement mobilisée et déployée à des fins d'évaluation et d'utilisation finale.
Ceci appel d'offres dispose d’un budget de 16 millions d’euros sur une période de 48 mois, la date limite de dépôt des candidatures étant fixée au 2 septembre 2026. À ce jour, les candidats doivent uniquement garantir le déploiement rapide de doses expérimentales de candidats-vaccins contre les filovirus : Ebola du Soudan (SUDV), Ebola de Bundibugyo (BDBV) et Marburg (MARV). Les projets doivent permettre aux candidats-vaccins d’atteindre le stade de la phase 2 des essais cliniques. Le contrat ne sera activé que sous certaines conditions, telles que la survenue d’une épidémie et le consentement explicite de laAgence exécutive européenne pour la santé et le numérique (HaDEA). C'est l'agence HaDEA qui sera chargée de mener à bien cet appel d'offres sous l'impulsion et le contrôle de laAutorité chargée de la préparation et de la réponse aux urgences sanitaires (HERA).
Cet appel pourrait également constituer une opportunité pour les membres de la Pôle européen des vaccins (EVH), qui en est actuellement à sa phase de déploiement. Compte tenu de l’expérience, des capacités de recherche et développement, ainsi que des partenaires et collaborateurs dont dispose l’EVH, celle-ci devrait être en mesure de proposer des candidats-vaccins et de planifier dès à présent la production de lots cliniques. Cela pourrait constituer un test en conditions réelles qui permettrait à cette nouvelle organisation de prouver sa réactivité et ses capacités.
Le Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) a également lancé récemment un appel à projets (dont la date limite est fixée au 12 juin 2026) visant à soutenir le développement de candidats-vaccins contre le BDBV, grâce à la production accélérée de données précliniques, translationnelles et cliniques précoces. L’autre objectif plus large de cet appel à projets est de renforcer le pipeline de vaccins contre les filovirus à plus long terme (afin de disposer de candidats prêts pour les essais de phase 1). Le développement clinique des candidats-vaccins contre le BDBV soutenus par la CEPI, issus de diverses plateformes vaccinales ou de divers systèmes d’administration, est également financé par l’OMS.
L'approche de la CEPI correspond à la composante “ push ” de la stratégie « push-pull » visant à soutenir la mise au point de vaccins.Grâce au financement “ push ”, la CEPI cherche à aider les développeurs à surmonter les obstacles scientifiques et techniques liés au passage d’un candidat-vaccin du laboratoire aux essais cliniques sur l’homme. Un financement « pull », tel que l’investissement dans les capacités de production, même en l’absence de garanties de succès commercial, peut potentiellement être obtenu auprès d’organisations comme Gavi.
Les épidémies d'Ebola et d'hantavirus, qui ont succédé à la pandémie de COVID-19, montrent à quel point le paysage du financement s'adapte en permanence à l'apparition de nouvelles urgences sanitaires.
Auteurs : Camille Maisse, Landry Cochard, Matthew Morgan
À ce jour, 22 pays sont associés au programme « Horizon Europe ». L'Australie pourrait bientôt devenir le 23e pays associé, aux côtés du Japon et de l'Inde.
Le 31 mars 2026, à la suite de la visite du président de la Commission européenne en Australie le 24 mars, les négociations entre l’Union européenne et l’Australie ont été officiellement lancées. Cette association ne portera que sur le pilier II, consacré aux défis mondiaux et à la compétitivité industrielle européenne, comme c'est déjà le cas pour la Corée du Sud, le Canada et la Nouvelle-Zélande. Cette approche permet à l'UE d'ouvrir plus facilement l'association à « Horizon Europe » par le biais d'une adhésion partielle, tout en permettant aux pays associés de réduire le coût de leur participation.
La Commission se montre ambitieuse et espère conclure les négociations d’ici l’été 2026, afin que l’accord puisse entrer en vigueur dès le 1er janvier 2027. Cette initiative fait suite à la conclusion des négociations d’un accord de libre-échange, qui avaient également été engagées avec l’Australie.
L'Australie a déjà conclu avec l'Union européenne un accord de coopération scientifique et technologique qui remonte à 1994. Une association avec « Horizon Europe » constituerait la forme la plus étroite de coopération scientifique et technologique internationale possible entre l'UE et un pays tiers.
Selon la Commission européenne, l’Australie participe déjà à plus de 200 projets dans le cadre d’Horizon Europe, avec des chercheurs et des organisations qui contribuent activement à des efforts de collaboration dans un large éventail de domaines. Il s’agit déjà d’un partenariat qui fonctionne bien : selon le gouvernement australien, plus de 60% de la recherche scientifique australienne est menée en collaboration avec un partenaire international. Les États membres de l’UE constituent collectivement le premier partenaire scientifique de l’Australie depuis plus de trois décennies, avec près de 17 000 co-publications pour la seule année 2024.
Les chercheurs de toute l'Australie cherchent activement à s'associer au programme « Horizon Europe ». Le Groupe des Huit (Go8) — une coalition regroupant les huit universités australiennes les plus prestigieuses et les plus axées sur la recherche, reconnues mondialement pour leur excellence dans les domaines des sciences de la santé, de la médecine, des sciences physiques, de la défense, de l’espace et de l’intelligence artificielle — a publié un rapport intitulé « Pivotal : Australia’s Horizon Europe Opportunity ». Ce rapport illustre clairement l’enthousiasme de la communauté scientifique à l’idée de rejoindre le programme. Les chercheurs souhaitent partager leurs innovations, accéder à un nouveau marché et, surtout, bénéficier d’une plateforme de recherche collaborative sans équivalent au monde. Ils soulignent également l’ambition plus large de l’UE d’ouvrir le programme à la région Asie-Pacifique, qui représente 60% de la population mondiale.
Selon le site Internet d'Horizon Europe France, les collaborations mises en place dans le cadre d'Horizon Europe pourraient porter sur des priorités stratégiques communes telles que les matières premières essentielles, la santé et le climat.
Les négociations venant tout juste de débuter, aucun chiffre précis concernant la contribution financière de l'Australie au programme n'a encore été rendu public. Il a néanmoins déjà été établi que cette contribution serait calculée sur la base du PIB australien.
Bruxelles, le 13 mai 2026
Confrontée à la COVID-19 et, aujourd’hui, au hantavirus, l’Union européenne a besoin d’une coordination renforcée au sein de l’UE en matière de santé mondiale. Le‘ Initiative pour la résilience sanitaire mondiale ’, adopté par la Commission le 13 mai, vise à renforcer la coordination, tout en s'appuyant sur l'Union européenne de la santé, l'Union de la préparation, la stratégie de l'UE en matière de santé mondiale, l'initiative « Global Gateway » et « Team Europe », et en consolidant ces initiatives.
Cette initiative a été adoptée afin de renforcer, à l'échelle mondiale, la prévention, la préparation et la réponse face aux futures menaces sanitaires, et de combler les lacunes en matière de résilience des systèmes de santé. L'UE s'efforce de renforcer sa compétitivité et son influence européenne sur la scène internationale en réduisant sa dépendance vis-à-vis des autres et en consolidant ses alliances.
Cette initiative met fortement l'accent sur le renforcement des systèmes de santé en consolidant les sociétés, les pays et l'architecture sanitaire mondiale dans son ensemble. Cette approche permettra à l'UE de mieux faire face aux futures crises sanitaires, de maintenir les fonctions essentielles en cas de chocs et de se redresser rapidement.
Cinq priorités ont été définies, soutenues par un total de neuf initiatives phares :
| Les cinq priorités de l'Initiative pour la résilience sanitaire mondiale | Les neuf initiatives phares |
|---|---|
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Priorité
1
Promouvoir une architecture sanitaire mondiale plus efficace et mieux coordonnée
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Initiatives phares
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Priorité
2
Diversifier les chaînes d'approvisionnement mondiales et la fabrication des produits de santé essentiels
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Initiatives phares
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Priorité
3
Renforcer la prévention, la préparation et la réponse face aux menaces sanitaires mondiales
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Initiatives phares
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Priorité
4
Soutenir des systèmes de santé résilients et pilotés par les pays
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Initiatives phares
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Priorité
5
Renforcer la résilience de la société en favorisant la confiance dans la science et en luttant contre la désinformation et les fausses informations en matière de santé
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Initiatives phares
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À travers cette initiative, l'UE entend démontrer que la santé constitue une priorité stratégique, en renforçant sa capacité à rester compétitive dans un contexte mondial de plus en plus complexe, façonné par les grandes puissances mondiales. Favoriser une coordination fondée sur un système multilatéral solide et sur la coopération avec ses partenaires du secteur de la santé permettra de mettre en avant la force de l'UE sur la scène internationale.
Contexte :
Union européenne de la santé : Les pays de l'UE se préparent ensemble aux crises sanitaires et y font face en mettant en commun leurs efforts et leurs ressources.
Union pour la préparation : L'UE a mis en place une stratégie visant à anticiper, prévenir et faire face à ces menaces.
Stratégie de l'UE en matière de santé mondiale : Adopté en novembre 2022, il incarne une nouvelle approche pour relever les défis sanitaires à l'échelle mondiale, dans un monde en mutation.
Global Gateway : un outil d'investissement visant à favoriser la mise en place de connexions intelligentes, propres et sécurisées dans les secteurs du numérique, de l'énergie et des transports, et à renforcer les systèmes de santé, d'éducation et de recherche à travers le monde.
Équipe Europe : une approche visant à organiser le travail en collaboration, à mettre en commun les ressources et l'expertise afin d'assurer une plus grande efficacité et un impact accru entre l'Union européenne, les États membres de l'UE — y compris leurs agences d'exécution et leurs banques publiques de développement —, ainsi que la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Communiqué de presse :
https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip_26_1074